Au printemps dernier j’ai commencé à fabriquer mes propres macérâts glycérinés de bourgeons, inspiré par le livre Se soigner par les bourgeons : précis de gemmothérapie à usage familial, publié aux Editions Ulmer.

Avec plus d’un an de recul, je peux maintenant partager avec vous ma recette et les macérâts que je préfère ainsi que leurs usages médicinaux principaux.

Qu’est-ce que la gemmothérapie ou thérapie par les bourgeons ?

La gemmothérapie est une pratique de santé développée par le médecin belge Pol Henry qui remarqua que les bourgeons de feuilles préparés par macération dans un mélange d’eau, de glycérine et d’alcool avaient des propriétés médicinales. C’est ce que l’on nomme un « macérât glycériné ».

La gemmothérapie est une technique de médecine naturelle et de plus en plus d’études viennent conforter les idées du Dr Pol sur le potentiel guérisseur des bourgeons. Découvrez-en plus dans ma critique du livre mentionné ci-dessus.

Les principes à respecter

Avant de commencer, vous devez approcher la gemmothérapie avec beaucoup de sensibilité. Elle demande d’être à l’écoute des rythmes de la nature, à observer longuement la forme des bourgeons pour savoir quel est le moment idéal de les cueillir, et de respecter chaque arbre en ne lui prélevant que le strict minimum – pensez à prélever sur plusieurs arbres plutôt qu’un seul si vous pouvez.

Bourgeons de chêne déjà trop ouverts pour la gemmo

Ensuite, vos contenants et vos outils doivent être stérilisés et vos ingrédients de la meilleure qualité. Vous préserverez ainsi toutes les qualités médicinales contenues dans les bourgeons.

Quand récoltez les bourgeons ?

C’est la question à mille euros ! Vous découvrirez par vous-même à force de récolte quel est le meilleur moment, mais sachez comme guide que c’est quand le bourgeon commence à s’ouvrir tout juste.

Recette type du macérât glycérine de bourgeons

Les recettes de macérâts utilisées par les laboratoires sont très précises et complexes, c’est pourquoi je prône une herboristerie à la portée de tous qui sera certes plus approximative mais tout aussi efficace car vous contrôlerez le processus de A à Z et aurez infusé votre propre énergie dans le remède. Ce n’est pas négligeable !

Les dosages sont importants selon que vous fassiez vos macérâts avec des plantes fraîches ou sèches. Plusieurs écoles s’opposent. L’école classique propose une macération à sec à 1/20, soit 1 dose de bourgeons séchés pour 20 doses de liquides qui vont extraire les propriétés médicinales des bourgeons.

Les recettes avec des bourgeons frais (hâchés ou non, encore un autre débat) préconisent plutôt un dosage de 1/4 ou 1/5, et se font souvent à vue d’oeil : pour 1 dose de bourgeons frais dans votre bocal, ajoutez environ 4 fois la dose des liquides. Avec cette méthode très intuitive, même pas besoin de peser !

Personnellement, j’aime bien faire des tests. Il me semble que le bourgeon frais apporte le maximum de vitalité à la préparation, c’est en tous cas mon intuition, mais pour extraire le maximum de molécules médicinales, il faut augmenter la surface de pénétration et donc couper un peu les bourgeons (comme on fait pour augmenter l’efficacité d’une tisane). Par contre, pour les dosages, personnellement, je vais jusqu’à diluer à 1/15 mes préparations fraîches, et la qualité thérapeutique ne s’est pas amenuisé. Mais je vous propose ici de respecter les dosages officiels, tout en sachant que vous devez écouter votre intuition et faire vos propres expériences.

Pour faire un macérât artisanal, il vous faut (multipliez en fonction de votre contenant) :

  • 10g de bourgeons légèrement hâchés
  • 13,3g d’alcool à au moins 90 degrés (moi je prends 94°). Cet alcool est parfois difficile à trouver, surtout en France où il n’est pas en vente libre. Cela doit être de l’alcool alimentaire, pas celui modifié vendu en pharmacie.
  • 13,3g de glycérine végétale
  • 13,3g d’eau de source ou minérale.

Hâchez les bourgeons après les avoir pesé et ajoutez-les au mélange alcool-glycérine-eau. Secouez, étiquettez puis laissez 3 semaines dans un endroit frais et ombragé en secouant de temps en temps.

Filtrez au bout de cette période et mettez dans un flacon opaque vaporisateur ou à compte-gouttes. La préparation se conserve entre 2 et 5 ans.

Le coût, lui, est nettement inférieur à ce que vous trouverez dans le commerce : entre 3 et 10 fois moins cher que dans le commerce en bio.

La posologie est toujours la même : 5-15 gouttes de macérât à prendre le matin à jeûn dans un peu d’eau ou de jus, en fonction de votre poids, pendant au moins 2-3 semaines. Les macérâts sont des traitements du terrain et sont particulièrement intéressants en cas de maladie ou de dérèglement chronique.

Les principaux bourgeons d’arbre et leurs propriétés

Voici quelques bourgeons à récolter près de chez vous et les propriétés du macérât que vous pouvez fabriquer avec. Je les ai tous fait et testé – sauf le cassis, mais j’en ai planté ela ne devrait donc pas tarder :-).

  • Chêne : idéal pour surmonter les états de fatigue, surmenage, convalescence.
  • Tilleul : pour favoriser le sommeil mais aussi en tant qu’anti-stress. Il peut également être utile en cas de troubles digestifs.
  • Marronnier : tonique veineux, il s’utilise pour favoriser une bonne circulation en cas d’hémorroïdes ou jambes lourdes.
  • Eglantier : bienfaits sur les systèmes immunitaire, respiratoire, mais aussi articulaire et endocrinien. Réputé pour renforcer l’immunité.
  • Ronce commune : utilisé traditionnellement en cas de bronchite ou emphysème pulmonaire. Également, il est reconnu comme ayant une action sur l’ostéoporose, les fractures et les fibromes.
  • Noisetier : il soutient les grandes fonctions de l’organisme, en particulier aux niveaux pulmonaire et circulatoire.
  • Frêne : puissant draineur pour purifier les toxines et nettoyer l’organisme.
  • Bouleau : il favorise le drainage et la purification de l’organisme. Il est connu pour ses bienfaits sur les systèmes ostéo-articulaire ou digestif en cure « detox ».
  • Genévrier :  draineur de la zone foie-vésicule biliaire, il stimule les reins mais aussi le système circulatoire et éliminateur de déchets.
  • Cassis : remède phare de la gemmothérapie, avec ses vertus anti-inflammatoires, régénérantes et tonifiantes. Intéressant pour prévenir des allergies printanières notamment.

Quelle plante vous attire pour faire votre premier macérât glycériné de bourgeons ?

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