Si vous êtes un minimum cinéphile, vous avez sûrement en tête des images de la nature forgées par les films, à tel point que ces images ont du influencer la manière dont vous vous représentez la nature, notamment sauvage. 

Que ce soit les grands espaces des Western ou les denses forêts tropicales, de nombreux films reposent dans leur scénario sur une nature très présente. C’est à ces films là, dans lesquels la nature joue son propre rôle, que je veux rendre hommage. 

Et comme le choix de 5 films a été une vraie déchirure pour moi, je vous ai ajouté 5 films bonus, qui ne sont pas des chefs d’oeuvre mais qui sont particulièrement intéressants, notamment parce qu’ils représentent une nature imaginée ou réinventée par le réalisateur. 

Moteur, et… action !

Les films inoubliables

Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone (1968 )

A-t-on encore besoin de présenter le plus grand des westerns de Sergio Leone ? La musique d’Ennio Morricone a certes sublimé des scènes désormais cultes, mais c’est l’oeil expert du réalisateur qui a su rendre l’immensité aride et rouge de l’Arizona si belle et effroyable.

La vie des colons américains, leurs moeurs et leur mentalité se comprennent mieux quand on prend la mesure de l’environnement dans lequel ils habitent, et qui est si brillamment rendu en musique par Morricone. 

Si vous ne l’avez pas encore vu, vous êtes impardonnable ! Il est vraiment à la portée de tous, ma fille de 8 ans l’a vu et elle a adoré.

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Dersu Uzala, d’Akira Kurosawa (1975)

Film improbable, Dersu Uzala est une co-production soviéto-japonaise d’une beauté hypnotisante. C’est l’histoire de l’amitié entre un autochtone sibérien et un topographe russe, personnages inspirés par l’histoire autobiographique racontée dans deux livres par Vladimir Arseniev en 1921.

L’officier russe prend pour guide Dersou et ils font un bon bout de chemin de vie ensemble, alors que ce dernier est un véritable « homme des bois » vivant en totale harmonie avec la nature.

Récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 1976, ce livre est un bijou pour toutes les personnes au tempérament contemplatif et une ode à la beauté de la nature sauvage des steppes sibériennes.

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Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola (1979)

Film envoûtant autant q’envoûté, Apocalypse now nous emmène « au coeur des ténèbres », pour reprendre le très beau roman de James Conrad dont il est inspiré, pendant la guerre du Vietnam à la fin des année 60. 

Longeant un fleuve témoin des pires atrocités de la guerre, la nature étouffante de la jungle vietnamienne d’abord puis cambodgienne en fin de film s’immisce malgré les personnages dans leurs moindres faits et gestes, teintant par la même occasion tout le film. 

Les paysages sont moins beaux par ce qu’ils montrent (le tournage a eu lieu en Thaïlande) que par ce qu’ils permettent aux spectateurs de projeter : peurs, fantasmes et une nature imaginaire pour de nombreux Américains qui n’ont jamais mis les pieds au Vietnam ou en Asie du Sud-est. 

Film brut autant que brutal, il ne vous laissera pas indifférent. 

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Urga, de Nikhita Mikhalkov (1991)

Urga est le genre de film qui laisse un souvenir ému sans qu’on puisse forcément identifier de scènes précises, tant l’esprit du film est persistant, comme une image rétinienne dont on n’arrive pas à se débarrasser.

L’histoire se passe en Mongolie dans une famille vivant isolée et qui rencontre un conducteur de camion russe. Une relation improbable et d’une grande fraîcheur se noue entre eux, malgré leur difficulté à communiquer.

Le film est plein de moments d’une grande tendresse, et de scènes visuellement stupéfiantes, comme cette danse autour d’un arc-en-ciel sortant de terre. Sans compter la musique envoûtante qui contribua au succès international du film.

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Himalaya : L’enfance d’un chef, de Eric Valli (1999)

Même si Himalaya n’est pas un chef d’oeuvre du cinéma mondial, c’est un film si grandiose de par la nature qu’il filme et si brillamment tourné, malgré les difficultés de tournage qui furent immenses, qu’il mérite sa place ici. 

Les chants mongols qui le colorent, les nuances d’ocres et de blancs qui composent le paysage minéral de ce sommet du monde, et surtout les sourires et les visages rubiconds des acteurs du film sont un vrai bonheur pour les sens. 

Je parie qu’en ressortant du film, vous n’aurez qu’une envie :  prendre le premier vol pour Kathmandou !

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Les films bonus

Gorilles dans la brume, de Michael Apted (1988)

La vie de Dian Fossey, cette grande défenseuse des gorilles, méritait bien un film, et quel film ! Premier plaidoyer hollywoodien pour les grands mammifères, Gorilles dans la brume a éveillé nos consciences écologiques (en tous cas la mienne) et nous a rappelé que l’humanité n’est pas forcément l’apanage des humains. 

La caméra d’Apted s’attarde avec délectation sur le paradis vert dans lequel les gorilles trouvent un refuge hélas de moins en moins bien protégé.

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Jean de Florette et Manon des Sources, de Claude Berri (1986)

Les livres de Pagnol respirent la Provence, ses paysages vallonnés et sa langue chantante, leur adaptation au cinéma pouvaient donc être un exercice périlleux. Or, avec ces deux films, Berri a réussi un coup de maître : la nature provençale est à la fois l’objet et le sujet du film. 

Si les films ne font pas voir une esthétique qui met forcément en valeur la nature, ils font ressortir l’amour immense et cruel que les gens du cru portent à leur terre, et c’est ce qui rend le film si émouvant et troublant. 

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La trilogie du Seigneur des anneaux, de Peter Jackson (2001, 2002, 2003)

Ce qui est extraordinaire dans ces trois films qui mettent en image l’épique roman de J. R. R. Tolkien du même nom, c’est que Peter Jackson a trouvé une terre à l’image du livre : la Nouvelle-Zélande, qui prête de nombreux paysages à ces films et qui en crée même de toutes pièces, avec ce village de hobbits créé spécialement pour le film et qui se visite encore aujourd’hui. 

A conseiller à tous les amoureux des grands espaces et des mondes enchantés.

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Nausicaa de la vallée du vent, de Hayao Miyasaki (2006)

Le premier long-métrage de Miyasaki à vraiment percer au grand écran, Nausicaa est un ovni écologiste et onirique. 

Il y a du Moebius là-dedans, mâtiné de culture japonaise traditionnelle, et ce mélange détonnant signe un film d’animation que l’on peut revoir encore et encore sans jamais l’épuiser visuellement. Juste époustouflant ! 

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Avatar, de James Cameron (2009)

Voilà l’un de ces rares films de science-fiction où on regrette amèrement que le monde imaginé dans le film n’existe pas vraiment ! Tous ceux qui aiment la nature et qui ont vu Avatar partagent j’en suis sûre cette nostalgie à rebours de Pandora, la planète imaginée par Cameron pour ce film.

L’histoire reflète bien la lutte entre d’un côté les forces capitalistes et le lobby militaro-industriel, et de l’autre une entité pacifique profondément connectée à la nature environnante. Toute ressemblance avec une planète nommée la Terre serait évidemment purement fortuite 🙂

En savoir plus sur Avatar

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