Depuis quelques années j’ai entamé une démarche personnelle, comme des millions d’autres personnes sur cette Terre, vers un mode de vie plus sain et plus respectueux de la planète mais aussi des êtres humains. Un mode de vie qui peut prendre de nombreuses formes, car j’estime qu’il n’y a pas UNE manière d’accéder à cet équilibre entre l’humain et son environnement, et surtout un mode de vie qui se construit dans la durée, car seules les choses dont on fait l’expérience dans le temps se révèle bénéfiques – ou non.

Mais c’est surtout un mode de vie qui tend vers l’autonomie, car le piège du bien-être c’est de nous pousser d’une forme de consommation vers une autre forme, plus respectable celle-là, plus in, plus politiquement correcte.

C’est pourquoi j’avais envie de partager avec vous ces pensées sur la pression qui s’exerce aujourd’hui autour de la notion de bien-être et de faire un compte rendu honnête de 10 gestes que j’ai réussi à mettre en place dans cette période (par ici) – et de tous ceux qui ont lamentablement échoués (par là)!

La pression du bien-être

bien-être image
Sur Google, le bien-être ça ressemble à cela, mais c’est une image trompeuse et réductrice !

Depuis presqu’un an que j’ai commencé l’aventure Aroma’Tips, je me suis rapprochée de nombreuses personnes qui suivent une démarche similaire, j’ai aussi beaucoup lu et consulté de sites internet et j’ai constaté 3 choses qui m’attristent énormément :

  1. Le business du bien-être. Je suis sûre que je ne suis pas la seule à le constater, de nombreuses entreprises s’engouffrent dans ce créneau sans vraiment apporter de transformation radicale à nos modes de vie et de consommation, bref à notre manière d’être au monde. Allez, on peut tous citer l’une de ces marques, ou se souvenir d’un épisode de greenwashing par lequel on s’est fait lamentablement avoir.
  2. La pression du paraître. Pour vous donner envie d’un nouveau produit écologique, il faut que tout soit bien présenté, utilise une belle écriture cursive (je n’en peux plus de cette écriture que l’on retrouve partout, d’Instagram aux cours de yoga en passant par les magasins en vrac, vraiment les gens, faites preuve d’un peu d’originalité quand vous lancez un concept…). Je suis la première à en être victime, car moi aussi j’aime quand les choses sont belles, j’aime la belle photo, je sais puisque je travaille dans la comm que ça marche mieux. Et quand on est passionnée comme moi et plein d’autres, on a envie que plein d’autres gens aussi changent leur mode de vie et que cela au final fasse du bien à la planète.
  3. L’illusion du contrôle. Quand on privilégie des circuits courts, du bio, de la médecine par les plantes, on pense tout de suite que l’impact est moindre, que c’est bon pour l’environnement, bon pour les petits producteurs. Mais nous sommes aveuglés par notre court-termisme, sans même parler du besoin que nous avons de nous persuader de bien faire. Une pomme bio de Nouvelle-Zélande, c’est mieux ou moins bien qu’une pomme de la ferme du coin en agriculture raisonnée ? Les huiles essentielles bio, qui paraissent si écologiques, ne sont-elles pas en train de provoquer un désastre écologique dans certains pays en développement, du fait de la demande mondiale en pleine expansion ?

Je ne veux pas vous dégoûter de continuer votre démarche (ni me dégoûter moi-même) en pointant du doigt ces problèmes, mais simplement ouvrir la voie à une réflexion plus profonde sur ce qui, sur le long terme, sera effectivement une avancée à l’échelle de nos sociétés. Je n’ai aucun doute aujourd’hui qu’à l’échelle individuelle, toutes ces pratiques ne sont pas bénéfiques. Sinon je n’aurais pas fait les 10 gestes que je décris ci-dessous !

10 gestes vers plus d’autonomie réalisables en un an

Les bullet journals, comme d’autres méthodes de productivité, peuvent générer de l’anxiété quand on n’arrive plus à suivre ce qu’on s’était promis de réussir.

Je veux d’abord vous mettre en garde contre les bonnes résolutions, dont comme chacun sait l’enfer est pavé. Le meilleur moyen de réussir votre démarche vers un mode de vie plus sain et plus écolo, c’est avant tout d’enlever la pression que vous vous mettez vous-même. D’abord parce que si une technique ou une manière de faire ne fonctionne pas, vous trouverez plus tard dans votre vie une solution qui vous convient mieux. Ensuite parce qu’il faut prendre le temps de s’écouter. Tout le monde ne peut pas être vegan du jour au lendemain, comme tout le monde ne peut pas arrêter de fumer du jour au lendemain.

Soyez plus doux avec vous-même, mais surtout cultivez une volonté tout en souplesse. Je n’avais planifié aucun des changements dont je vais vous parler maintenant, pas fait de listes de choses à réussir ou à faire. Elles sont arrivées au gré des rencontres, des lectures, des opportunités. Si vous êtes à l’écoute de vous-même, de votre corps surtout, vous saurez quel est le bon moment pour introduire un changement dans votre vie et celle de votre famille – car si vous en avez une, tout se complique bien sûr !

Je suis une maman de 2 enfants qui travaille à plein temps et qui jusqu’à récemment faisait en plus des études à côté. J’habite en ville et mon homme travaille aussi. En plus, je n’ai pas de don particulier, si ce n’est que je suis curieuse de tout et confiante dans la vie. Autant vous dire que je suis la candidate idéale pour prouver que c’est possible.

Voici donc les 10 gestes vers une plus grande autonomie qui avec du temps peuvent être intégrés dans votre routine. Ils seront probablement différents pour vous, mais si dans cette liste quelques-uns vous parlent tout particulièrement, alors cet article aura servi son but.

  1. Ne pas se culpabiliser et prendre du plaisir
  2. Se reconnecter avec la nature
  3. Manger de saison, local et/ou bio, et moins de viande
  4. Réduire ses déchets
  5. Se soigner avec les plantes
  6. Faire pousser ses plantes comestibles
  7. Faire ses produits d’entretien
  8. Faire ses produits de soin
  9. Changer son hygiène intime
  10. Fabriquer ou réparer ses propres meubles

1. Ne pas se culpabiliser et prendre du plaisir

gateau plaisir

Notre vie entière est un chemin sans fin. Pas besoin donc de se culpabiliser si contrairement à vos habitudes vous avez mangé des légumes pas bio ou si vous avez acheté en vacances un shampoing industriel. Mes beaux-parents sont du Sud-Ouest et à chaque Noël nous mangeons un magnifique foie gras fait maison et acheté localement. Autant dire que s’il fallait se culpabiliser, je pourrais concourir pour la Palme d’Or !

Si vous mangez une pomme qui n’est pas bio et que vous culpabilisez, vous allez avoir des aigreurs d’estomac, et du coup, vous allez vous persuader que c’est parce que ce n’était pas bio que vous êtes tombé(e) malade. Avec le temps, oui, les gens plus à l’écoute de leur corps sentent le goût des pesticides, ou savent d’instinct ce qu’ils doivent manger. Ca m’arrive de plus en plus souvent car j’essaie d’être à l’écoute et surtout de ne pas intellectualiser ces envies alimentaires qui s’expriment.

Mais gardez toujours à l’esprit le plaisir dans ce que vous faites. Le plaisir c’est 50% de la bonne santé !

2. Se reconnecter avec la nature

bébé conifere dans la foretMon premier geste après un épisode assez stressant au bureau a été d’aller plus souvent dans la nature. Ca peut être un parc, une forêt, un lac, tant qu’il y a des arbres. C’est que les arbres changent l’atmosphère autour d’eux, créent un micro-climat et dégagent aussi des phéromones que les humains avec assez de sensibilité captent. Les Japonais parlent même de bain de forêt pour désigner cette action de se plonger dans la forêt pour se sentir mieux.

Si ce n’est pas un geste naturel pour vous (sans mauvais jeu de mots), trouvez-vous une excuse : devenez botaniste amateur, photographe de fleurs, faites du jogging, mais surtout prenez aussi du temps pour ne rien faire, juste flâner, observer. Mettez-vous au diapason du temps de la nature. C’est infiniment reposant !

3. Manger différemment

Madeleines salées avec des ingrédients locaux, bio et sauvages (l’ail des ours)

Si vous voulez changer le système agro-alimentaire mondial et diminuer votre empreinte écologique, voici ce que vous devez faire (et c’est plus facile à dire qu’à faire croyez-moi) :

  • Mangez de saison. C’est vraiment le plus important. N’achetez plus de tomates fraîches en plein hiver par exemple, ou alors utilisez des conserves quand vous ne pouvez pas faire autrement.
  • Mangez local. Achetez auprès d’AMAP, de petits producteurs, dans des marchés bio de proximité, à travers des associations comme La Ruche qui dit oui. Trouvez le rythme qui vous convient le mieux. Des fois, j’y vais toutes les semaines, des fois je suis un peu débordée et je vais à la facilité, je passe à pied à mon petit supermarché qui vend des produits bio mais pas toujours locaux. Faites de votre mieux, la perfection ça n’existe pas !
  • Mangez bio. Je crois que je n’ai pas besoin d’expliquer, mais c’est pertinent seulement si en plus c’est de saison et local – vous vous souvenez la pomme bio de Nouvelle-Zélande ? Et puis la filière bio n’est pas non plus la panacée, car la réglementation est de plus en plus souple afin de répondre à l’énorme demande de bio en ce moment en Europe. Restez vigilant et gardez votre sens critique lorsque vous faites vos achats.
  • Mangez moins de viande. Honnêtement, on peut tous diminuer notre consommation de viande, sans forcément devenir végétarien. Nous on mange de la viande max une fois par semaine et j’ai un garçon de presque 13 ans à nourrir. Je ne suis personnellement pas vegan car je trouve qu’il y a de la vertu à consommer des oeufs et du fromage, mais alors je veux qu’ils soient bio, produits localement et dans des conditions respectueuses des bêtes. Je sais, c’est dur à trouver. Mon seul problème : j’aime encore trop la charcuterie ! Mais j’y travaille… 🙂
  • Manger sauvage. Apprenez à reconnaître les plantes sauvages comestibles de votre région et cueillez-les lorsqu’elles sont en abondance pour préparer des petits plats. Non seulement certaines ont très bon goût (comme l’ail des ours) mais la plupart sont très riches en nutriments, plus que les fruits et légumes cultivés.

4. Réduire ses déchets

les mains dans le compost

Cette démarche-là a pris du temps car je n’ai pas voulu me brusquer et plutôt voir sur la durée comment mieux m’organiser. On fait déjà le tri obligatoire à Bruxelles, même des déchets organiques, donc pas de problème de ce côté. Se débarrasser des emballages est plus compliqué. Dès que je peux je prends des sacs avec moi, des caisses, et j’achète en vrac. Mais ce n’est pas toujours possible et du coup je n’en fait pas non plus une montagne. L’environnement sera de plus en plus propice à ce type de consommation, et du coup ça deviendra plus facile pour nombre d’entre nous.

Et j’ai un compost de quartier créé avec des voisins ! Ca c’est un chouette projet que vous pouvez également initier et pour lequel il n’est pas trop difficile de trouver des aides.

Vous trouverez sur internet énormément d’infos et aussi des guides pratiques pour vous aider dans votre démarche « zéro déchet ».

5. Se soigner par les plantes

MAcerat huileux de millepertuis fait maison
Macérat huileux de millepertuis maison

Là ça paraît plus facile vu le sujet de mon blog 🙂 En fait, en 7 ans, je n’ai utilisé que 2 fois des médicaments vendus en pharmacie : une fois pour une infection rénale carabinée, une autre fois au Japon car je n’arrivai pas à demander des médicaments à base de plantes !

Sinon, je n’utilise que les plantes sous toutes leurs formes galéniques, mais de préférence en huiles essentielles. Et ça marche, comme je n’arrête pas de vous le montrer dans mes articles.

Si vous débutez, surtout faites-vous guider. Commencez par voir un ou une naturopathe, découvrez ce vaste océan de la médecine alternative… Vous serez vite convaincu(e) car les résultats sont là, et sans les effets secondaires en plus.

6. Faire pousser ses plantes comestibles

Plus difficile quand on habite en ville, mais pas impossible. Ce qui est à votre portée, ce sont les plantes aromatiques, thym, lavande, verveine, romarin, mélisse, menthe, tout ça pousse assez facilement, prends peu de place et vous servira non seulement en cuisine mais aussi pour vous soigner.

Après, je vous invite à faire de petites expériences, même en pot : j’ai déjà fait pousser, en plus des plantes aromatiques, des patates (avec succès), des betteraves (bof), de la mâche (délicieuse), des oignons (mouais…) et des tomates cerises (bonnes, mais il y en avait si peu).

Jardiner et mettre les mains dans la terre fait un bien fou et ça vide la tête. Rien que pour ça, essayez !

7. Faire ses produits d’entretien soi-même

Lessive et adoucissant maison et bio

Là, je commence à être bien calée, à force d’essais. Lessive, adoucissant, savon liquide, savon en saponification à froid… Je sais faire tout cela et je partage mes recettes avec vous sur ce blog dans la rubrique « Vie simple »

Au début suivez une formation, c’est quand même beaucoup plus rassurant, surtout pour la saponification. A Bruxelles j’aime beaucoup les formations offertes par l’Herboristerie du Pépin.

Par contre, j’ai toujours des gros ratés sur le liquide vaisselle et les tabs pour la vaisselle, mais je ne désespère pas de trouver LA recette qui fonctionnera avec mon eau (adoucie) et qui sera vraiment dégraissante, sans aucun tensio-actif.

8. Faire ses produits de soin soi-même

savon exfoliant ylang ylang coco SAF
Savon exfoliant maison

Là, aussi ça fait plusieurs années maintenant que je peaufine mes recettes, pour moi et mes proches. La première chose à faire c’est de vous débarrasser du maquillage, des fonds de teint et du parfum (à base d’alcool). Je sais, ça va vous paraître insurmontable, mais c’est vraiment important pour votre peau. Rien ne sert de la chouchouter si à côté vous la martyrisez !

Ensuite, vous pouvez remplacer toutes les crèmes hydratantes (vous achetez de l’eau à des prix d’or en gros) par des sérums faits à base d’huiles végétales et d’huiles essentielles. Rappelez-vous que partout dans le monde, sauf dans les pays industrialisés, les femmes soignent traditionnellement leur peau et leurs cheveux avec des huiles.

Les gels douche si vous ne pouvez pas vous en passer (mais toujours sans tensio-actifs), les dentifrices, les shampoings, les savons, il existe pour cela des variantes écologiques et respectueuses de votre peau et de votre corps que vous pouvez créer vous-mêmes à partir de quelques ingrédients de base.

9. Changer son hygiène intime

coupe menstruelle vs tampons
Tampons vs coupe menstruelle

Depuis le début d’année je suis passée à la coupe menstruelle pendant mes règles et je trouve que c’est une solution écologique et pratique, si tant est qu’on ne l’oublie pas à la maison le premier jour et que l’on est à l’aise avec son corps.

Il existe également des serviettes hygiéniques écologiques mais elles doivent quand même être lavées en machine et au final, je trouve la coupe plus durable et plus écolo. Mais c’est une démarche très personnelle. Ce qui compte c’est que vous fassiez vos choix en toute connaissance de cause, avec toutes les informations à votre portée. Ma gynécologue ne m’avait jamais parlé de la coupe menstruelle, et pourtant elle existe depuis les années 50 !

10. Fabriquer ou réparer ses propres meubles

Là aussi j’ai commencé doucement, depuis plus de 10 ans déjà, et avec de l’aide de mon chéri au début. Petite table pour les enfants, lits et étagères, tout ça n’est pas trop difficile à faire avec du temps, de la patience, du matériel correct et un bon sens de l’orientation dans l’espace (eh oui, on a tous connu ça avec des meubles Ikea mal montés !).

Il existe aujourd’hui de nombreux livres et tutoriels sur Internet pour apprendre la menuiserie et faire vos propres meubles. C’est une économie d’argent considérable, et en plus vous pourrez adapter le meuble à vos besoins et à votre espace. Lancez-vous, en plus la fierté de faire ses propres meubles est immense et tellement gratifiante.

Les gestes ratés : ce qu’il me reste à apprendre

Avec une famille, il est plus difficile de changer certaines habitudes. Mieux vaut ne pas brusquer vos enfants, mais plutôt leur apprendre doucement et par la répétition les bons gestes et comment être moins dépendant du monde extérieur et des industries qui polluent.

Ainsi j’avais introduit un dentifrice sec, puis un dentifrice en pâte maison et bio à la maison, mais à part moi personne ne l’aimait du fait de sa consistance crayeuse. Idem pour les gels douche, le fait qu’ils ne moussent pas ne plaisait pas à mes enfants. Du coup, tant qu’ils ont des dents qui tombent, je me rabats sur un dentifrice vraiment efficace et quasiment naturel, avec l’espoir qu’un jour je pourrai réintroduire le dentifrice maison. Pour les gels douche, ils ont été remplacés du coup par des savons fait par moi (avec souvent l’aide de ma petite fille).

Mon grand regret c’est le liquide vaisselle et les tabs vaisselle : j’ai essayé plusieurs recettes mais aucune n’arrive à correctement se débarrasser du gras dans le fond des poêles, ou alors je dois utiliser beaucoup d’eau chaude et d’huile de coude. Du coup, est-ce vraiment écolo si on utilise autant d’eau ? Si quelqu’un connaît un produit naturellement dégraissant et 100% naturel, faites-moi signe !

Bref, le chemin vers l’autonomie est long et difficile mais le temps est votre meilleur allié. Avec le temps vous trouverez les recettes ou les gestes qui marchent vraiment, avec le temps votre famille ou vos proches verront les bénéfices de votre démarche, avec le temps vous ne serez plus un pionnier mais simplement un citoyen soucieux de son environnement et des autres, et vous aurez pris une longueur d’avance sur ceux qui doivent changer plus rapidement car notre planète nous y forcera un moment donné sous peine de grosse catastrophe écologique (et humaine).

Et vous, quels sont les gestes d’autonomie que vous mettez en place dans votre quotidien ? Quels sont vos échecs et qu’en avez-vous appris ? 

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