Dans la collection Les Petits Précieux des éditions Rustica, j’ai reçu à Noël un livre enchanteur autant par sa forme que par son sujet : La magie des druides, de Florence Laporte et illustrée par Isabelles Frances.

Doré sur tranche, à la couverture travaillée et illustré de gravures délicates ou historiques, ce livre est d’abord un bel objet. On le voudrait presqu’en velin pour ajouter à la vue la sensation d’un toucher plus « naturel » encore.

Une introduction réussie au monde des druides et des ovates

Florence Laporte est druidesse, membre de l’Obod, l’ordre des bardes, ovates et druides, et cela confère à son livre une authenticité particulière. Ceci n’est pas qu’une monographie de plantes importantes pour les druides d’un point de vue historique, mais c’est un également un guide vivant à l’usage de ceux qui veulent ré-enchanter leur pratique de la cueillette ou s’y mettre de manière à soulager les maux physiques mais également émotionnels et spirituels des personnes soignées.

Etant novice sur le sujet, j’ai appris avec plaisir la différence entre barde, ovate et druide, différence pas complètement claire à la seule lecture d’Astérix et Obélix ! Les hommes et les femmes pouvaient également tenir ses rôles, même si dans les représentations visuelles ultérieures et dans l’imaginaire collectif le druide est le plus souvent représenté par un homme vêtu de blanc à la longue barbe blanche.

  • Le barde est poète et musicien, il transmettait l’histoire des Celtes à travers des contes et des chansons. Les Celtes en effet pensaient qu’une culture vivante ne pouvait se transmettre que de manière vivante et non pas à travers de signes morts.
  • L’ovate est le guérisseur, utilisant la puissance des plantes et faisant à l’occasion des divinations.
  • Le druide est le sage et le philosophe, il prodigue ses enseignements et intervient dans la vie politique et sociale de la communauté.

Les informations sur la manière de cueillir les plantes, et notamment le calendrier et les horaires de cueillette sont également très intéressants. Comme dans d’autres traditions, par exemple le chamanisme, mieux vaut toujours cueillir la plante fraîche, avec le coeur pur et en intention. Les druides accompagnaient en général la cueillette de tout un rituel. Ce rituel trouvait son paroxysme dans la cueillette du gui poussant sur un chêne rouvre, quelque chose de très rare apparemment. Comme il y a du gui et des chênes rouvres dans mon bois en France, je vais regarder ce bois d’un autre oeil dorénavant :-).

On regrette presque que cette incursion dans le druidisme historique et plus récent ne soit pas plus étoffé. Le livre ne propose pas de références bibliographies, ni pour continuer l’exploration du druidisme, ni pour en lire plus sur les découvertes scientifiques qui corroborent nombre de connaissances intuitives des Celtes, ce qui est bien dommage.

Des plantes sacrées pour les druides et encore très utiles aujourd’hui

21 plantes sont ensuite présentées de manière détaillée, en expliquant leur sens dans la tradition celtique, leurs propriétés médicinales et au jardin, les croyances qui y sont associées et leur usage interne et externe.

Voici la liste des plantes sacrées pour les Celtes : achillée millefeuille, ail des ours, armoise, aubépine, bardane, bouleau,bruyère, camomille, consoude officinale, gui (en photo ci-contre), lierre, menthe aquatique, millepertuis, ortie piquante, plantain, reine-des-prés, ronce, sureau, tilleul, verveine, vigne.

Le chêne est un oubli majeur de cette liste et même si l’auteur en parle à d’autres moments dans son livre, il aurait été intéressant d’aborder au moins la raison de cette absence (manque de données fiables ?).

Le livre se lit vite et facilement et les légendes qui parsèment ses pages rendent la lecture des monographies moins aride. C’est donc un livre que je recommande vivement et auquel je me référerai volontiers.

J’y retrouve de nombreuses pratiques que j’applique de manière intuitive, sans en avoir eu connaissance avant, ce qui me conforte dans l’idée que les plantes communiquent avec nous d’une manière qui nous dépassent complètement, et que notre corps, libéré de notre conscient contrôleur, trouve des réponses dans la nature à ses problèmes, qu’ils soient d’ordre physique ou psycho-émotionnels.

Connaissiez-vous le druidisme avant de lire cette revue de livre ? 

 

 

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