Avec la catastrophe qui a frappé Rouen la semaine dernière j’ai eu plusieurs demandes de renseignements sur des plantes d’intérieur et des plantes médicinales aux propriétés dépolluantes. 

C’est un vaste sujet et la difficulté d’offrir des réponses claires et faciles à mettre en oeuvre vient en partie du fait que les polluants n’ont pas été tous identifiés. C’est aussi un problème qui n’affecte pas seulement les humains – les enfants et les personnes âgées étant plus sensibles à la pollution atmosphérique, mais également les animaux domestiques et les sols. 

Voici donc le fruit de mes recherches à travers la littérature scientifique et de connaissances glanées auprès d’herboristes et de naturopathes. J’aborde 3 terrains, qu’il faut traiter en parallèle pour de bons résultats : 

  • votre intérieur (appartement, maison), vrai nid à polluants de toutes sortes
  • votre corps ou celui de vos animaux domestiques. Il accumule lui aussi des substances nocives
  • vos sols si vous avez un jardin cultivé.

Ajoutez en commentaires vos propres astuces et plantes pour aider les Rouennais et tous ceux qui font face à ce genre de pollution. 

Dépolluer son intérieur : mythes et réalités

La première cause de pollution de nos intérieurs c’est….à votre avis ? La réponse c’est la cigarette en numéro 1, puis vos produits d’entretien et l’absence d’aération au quotidien. Mais que faire quand la pollution vient de l’extérieur et qu’elle dépasse des seuils acceptables ?

Selon une étude publiée en France en 2014 la pollution de l’air intérieur entraîne la mort de 20 000 personnes par an, ce n’est pas négligeable. Et récemment, une étude a confirmé que tous les Français avaient dans leur corps des traces de perturbateurs endocriniens et de solvants industriels. 

Quel type de pollution ? 

Il existe plusieurs types de pollution : 

  • biologique : l’humidité peut favoriser la présence d’agents infectieux et d’allergènes.
  • chimique : il s’agit surtout du monoxyde de carbone (CO), des phtalates contenus dans le plastique, des composés organiques volatiles comme les solvants ou les hydrocarbures, et des métaux lourds tels que le plomb ou le mercure. 
  • particules, gaz et autre : pollen, spores, radon ou amiante pour n’en citer que quelques-uns peuvent entraîner de graves complications de santé. 

Comment se protéger des polluants dans votre intérieur ?

  • Aérez tous les jours, même – et surtout – en hiver, c’est la première étape.
  • Faites vos produits d’entretien vous-mêmes (il y a de nombreuses recettes sur ce blog pour vous lancer)
  • Faites vérifier votre bâtiment : contient-il de l’amiante, des métaux lourds, des solvants (dans les peintures par eg.) ? Pensez aux matériaux écologiques lors de vos rénovations
  • Si la pollution vient de l’extérieur, le mieux est d’installer un extracteur d’air à double flux VMC, qui filtre l’air extérieur avant de l’injecter dans votre habitation. 
  • Les plantes vertes : malheureusement, l’effet dépolluant des plantes vertes sur l’air ambiant est très faible, tout comme leur dangerosité dans une chambre la nuit.
Les plantes dépolluantes : des effets détox non prouvés

La phytoremédiation, c’est-à-dire la capacité des plantes à dépolluer leur environnement, est surtout intéressante pour les sols ou les eaux polluées, pas pour l’air. Les expériences faites par l’ingénieur de la NASA Bill Wolverton étaient pertinentes en milieu clos, mais ne s’appliquent pas à nos intérieurs qui ne sont pas étanches. Des expériences plus récentes n’ont pas donné de résultats concluants, même si certains plantes et certaines huiles essentielles ont un effet bénéfique sur l’air, notamment au niveau biologique, il n’est pas suffisant pour supprimer la pollution chimique de l’air. 

C’est pourquoi l’idée de mettre des plantes en pot chez vous est bonne car c’est toujours plaisant d’être entouré de verdure, mais ne permettra pas de dépolluer un environnement malsain, surtout si l’air extérieur est également vicié. 

Votre meilleure parade reste donc la prévention !

Dépolluer son corps : des résultats probants par les plantes

La bonne nouvelle c’est que si les plantes n’agissent que marginalement sur votre air ambiant, elles sont par contre plus efficaces pour détoxifier votre organisme. En tous cas jusqu’à ce que votre organisme atteigne la saturation. 

Ce n’est pas notre système immunitaire qui lutte contre les polluants chimiques, car ils sont bien plus petits que les bactéries et les virus. Pour la pollution chimique, il faut s’en remettre à notre système de détoxication, dont le foie est le maître. En oxydant les xénobiotiques (particules externes à notre corps), elles deviennent ainsi solubles et peuvent être éliminés du corps par les intestins (où la bile se déverse) ou par les reins via l’urine. 

Le choix des plantes détoxifiantes pour le corps se portera donc en priorité sur des plantes qui stimulent les fonctions hépatique (foie), rénale (rein) et intestinale. Cette tradition de stimuler les émonctoires comme on dit en naturopathie ne date pas d’hier et la médecine hippocratique en faisant déjà grand cas. 

Le système de détoxication du corps en image

Il est une autre substance absolument indispensable en cas d’ingestion de substances toxiques par votre corps : c’est l’argile, avec une préférence pour la Montmorillonite qui est la plus fine et la plus détoxiquante. Je vous prépare un article à ce sujet car l’argile est un produit vraiment miraculeux pour la santé naturelle.

Le plus important dans votre usage des plantes à visée détoxiquante est de procéder par cure de plusieurs semaines. Ce n’est pas en vous faisant une tasse d’infusion de Chardon-Marie ou de romarin que vous allez supprimer une pollution chimique accumulée dans votre corps depuis des mois voire des années !

Des plantes pour stimuler votre foie

En gélules, flapules ou en infusion :

  • Chardon-Marie
  • Romarin
  • Artichaut 
  • Radis noir
  • Réglisse
  • et surtout le Desmodium

En huiles essentielles ou en hydrolats :

  • aneth
  • citron
  • menthe poivrée
  • romarin à verbénone

En macérat glycériné de bourgeons : 

  • Bouleau
  • Cassis, les deux idéalement en association

Des plantes pour stimuler l’élimination

Certaines plantes cumulent les fonctions détox : 

Le pissenlit combine les vertus en cas de cure détox
  • Ainsi le curcuma stimule les enzymes de la détoxication par le foie, favorise la synhtèse de la bile et son évacuation par les intestins. 
  • L’artichaut est diurétique en plus d’être stimulant du foie. 
  • Le pissenlit est à la fois diurétique et il protège la flore intestinale contre les substances toxiques. 

D’autres stimulent l’évacuation des toxines par les voies urinaires, comme les endives, les concombres ou encore l’aubier du tilleul, ou par les intestins comme l’aloe vera

Les infusions de sauge et la pratique de la sudation sont des techniques ancestrales pour éliminer les toxines et renforcer l’organisme. 

L’homéopathie à la rescousse

Pour avoir fait l’expérience de l’homéopathie à la suite d’une intervention chirurgicale avec des effets très rapides, je ne peux que recommander cette voie. 

Voici les granules intéressantes en cas de cure de détoxication : 

  • Nux vomica 9CH, 3 granules 3x jour
  • Lycopodium clavatum 5CH 3 granules 3x jour
  • Solidago 5CH qui agit aussi bien sur le foie que sur les reins, 3 granules 2x jour

Ces plantes et produits fonctionnent aussi pour les animaux domestiques. Attention aux chats cependant qui ne supportent pas les huiles essentielles ! 

Dépolluer les sols : la patience est de mise

Le domaine prometteur de la phytoremédiation sur la dépollution des sols est de plus en plus étudié et des listes de plantes sont disponibles sur internet pour ceux qui savent chercher. 

Hélas ce ne sont pas pour la plupart des plantes locales et pas forcément des plantes décoratives ou comestibles non plus. L’autre mauvaise nouvelle est qu’il faut souvent des années pour récupérer une pollution des sols. 

Différents principes de phytoremédiation

Les plantes agissent différemment pour dépolluer : certaines extraient les polluants de la terre par les racines et les stockent – c’est la phytoextraction. D’autres séquestrent les polluants (comme les métaux lourds) du sol et empêchent qu’ils ne percolent jusqu’aux nappes phréatiques : on parle de phytostabilisation. D’autres enfin permettent d’extraire les polluants du sol et de les éliminer. Il s’agit alors de phytodégradation. 

Maintenant que vous avez plein de mots extraordinaires pour le Scrabble dans votre besace, passons aux types de plantes pour dépolluer les sols :

  • La moutarde indienne (qui ressemble au colza) est une championne pour extraire et éliminer les métaux lourds dans les sols. 
  • Le tournesol emmagasine les métaux lourds et les radioéléments dans les tiges et les feuilles.
  • Le saule pleureur dégrade les hydrocarbures et les pesticides
  • Grâce à son système racinaire développé, le peuplier permet également d’emmagasiner et de transformer solvants et hydrocarbures en particules sans risque pour l’humain. 
  • Le tabac peut transformer certains métaux lourds ou pesticides et les libérer dans l’atmosphère sous forme inoffensive. 

J’espère que cet article vous sera utile. Il n’y a pas de solution toute faite en cas d’intoxication. Tout dépendra de la nature exacte de l’intoxication, de vos conditions de vie, de votre hygiène intime et de votre état de santé au moment de l’intoxication. N’hésitez pas à consulter naturopathe ou herboriste pour un traitement adapté à votre situation. 

Laisser une réponse

forty three + = forty six

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
Minimum 4 characters