J’entends de plus en plus parler de contraception naturelle et ce terme me gêne un peu aux entournures, car rien de moins naturel que la contraception, puisque si l’on écoutait la nature les femmes feraient bien plus d’enfants qu’aujourd’hui, sans parler de la possibilité de l’avortement qui existe dans de nombreux pays, légalement ou non.

L’objet de cet article n’est donc pas de faire un exposé docte sur la naturalité ou non de la contraception mais de vous parler de mon expérience des quelques années passées et de vous résumer les témoignages que j’ai collectées suite à des échanges que j’ai eu avec de nombreuses femmes sur le sujet de la contraception féminine (et également masculine).

Le but étant de vous permettre de trouver des pistes pour une contraception plus en phase avec votre nature profonde, votre santé et vos contraintes diverses.

Mon contexte et mes décisions autour de la contraception

J’ai utilisé la pilule contraceptive des l’âge de 17 ans environ. J’ai eu mon premier enfant à 25 ans, sous pilule, et le deuxième à 28 ans immédiatement après arrêt de la pilule : on peut donc dire que je suis très fertile !

Après mon deuxième enfant j’ai eu un stérilet Mirena pendant 5 ans sans souci particulier, puis quand il a fallu le changer, mon corps a fait un gros rejet. Déjà il a fallu s’y reprendre à trois fois pour le mettre correctement, puis très vite j’ai eu des pertes de cheveux, des irritations cutanées et beaucoup de petits boutons roses. Pendant un an je n’ai pas compris ce qui m’arrivait, puis je me suis renseignée sur des sites de santé en ligne et j’ai vu que les symptômes correspondaient à ceux des femmes qui ne supportaient pas le stérilet Mirena.

A la même époque il y a eu de grands bouleversements dans ma vie au niveau interne : je me suis reconnectée à la nature et à moi-même, je me suis formée à l’aromathérapie et j’ai commencé un chemin pour minimiser mon impact sur la planète et devenir plus autonome dans tous mes gestes.

Mais je n’avais pas de solution de contraception naturelle en vue ! J’ai bien essayé la pilule POP (qui ne contiennent que de la progestérone, comme celles qu’on prend quand on allaite), mais mon corps me faisait savoir qu’il n’en voulait pas. J’ai demandé à ma gynécologue pour une ligature des trompes mais il en était hors de question car je n’avais pas 40 ans. J’ai essuyé ainsi les refus de plusieurs gynécologues (des femmes et des hommes) et l’incompréhension voire l’incrédulité quand je leur faisais part de mes réactions aux hormones et à la pose physique du stérilet.

C’est alors qu’il y a un an j’ai décidé d’arrêter complètement la pilule et de me tourner vers la symptothermie, une méthode de contraception naturelle. Avec une application sur le téléphone et un thermomètre je notais quotidiennement ma température, l’état de ma glaire cervicale et d’autres informations sur mon humeur, ainsi que ma période de règles. La méthode Ogino-Billings revisitée version 2.0 en quelque sorte !

Hélas je suis également tombée enceinte avec cette méthode, alors que je suivais bien les jours à éviter, et de plus j’ai fait une grossesse extra-utérine et j’ai donc du faire un avortement médicamenteux.

Bref, depuis ma vie sexuelle est un peu compliquée par la peur de tomber enceinte et le fait que mon chéri refuse les préservatifs, mais j’ai enfin trouvé une gynécologue à l’écoute et qui m’a proposée deux solutions : le stérilet en cuivre, qui me répugne je ne saurais dire pourquoi, mais je sens que ce n’est absolument pas pour moi, et une solution définitive, la salpingectomie.

Pourquoi une ablation des trompes et pas simplement une ligature des trompes ? Toujours pour le risque d’infection liée à la présence d’un corps étranger (réaction que j’ai eu fortement à la pose du dernier stérilet Mirena) et pour éviter tout risque de nouvelle grossesse extra-utérine. Mon chéri refusant aussi la vasectomie, une opération plutôt bénigne mais qui fait peur à de nombreux hommes pour des raisons psychologiqe

L’opération est prévue début avril sous anesthésie générale, par laparoscopie et on ressort le jour même de l’hôpital. Avec l’aide précieuse d’aromathérapeutes et de phytothérapeutes à la pointe de leurs domaines, j’ai prévu un protocole à base de plantes pour me préparer à l’opération et un autre pour récupérer de l’anesthésie et de la chirurgie je vous en parlerai plus longuement quand tout sera fait dans un article.

Quelle solution « naturelle » choisir alors ?

Comme vous le voyez à mon vécu, rien n’est simple quand on parle du corps des femmes et de la contraception. D’abord parce que si vous êtes en couple, toute décision doit également tenir compte de votre partenaire. Et ensuite parce que nous avons toutes un ressenti différente et un parcours médical unique.

Néanmoins je liste pour vous ci-dessous les inconvénients de certaines formes de contraception et les options plus « naturelles » qui existent actuellement. A vous de faire votre choix et de vous renseigner auprès de personnes de confiance, que ce soit un médecin, une amie ou une inconnue qui témoigne candidement de sa situation personnelle.

Il existe 4 types de contraception pour femmes, en plus des contraceptions plutôt marginales dont je ne parlerai pas ici – abstinence entre autre 🙂 :

Contraception hormonale : le piège ?

Quelle que soit la méthode utilisée – pilule, stérilet ou implant, les hormones ne sont pas sans conséquences sur le corps des femmes. En plus des risques graves qui sont réels mais marginaux, de nombreuses femmes se plaignent des effets secondaires de la pilule. Syndrôme prémenstruel, règles douloureuses, boutons, perte de cheveux, nausées ou encore maux de tête, les troubles sont nombreux et de plus en plus reconnus, y compris par les professions médicales.

Pas étonnant donc que la pilule, qui était il y a 10 ans utilisé par 1 femme sur 2 en France, connaissent une désaffection importante, si bien qu’en 2018 seule 1 femme sur 3 l’utilisait au profit de méthodes en partie non-hormonales. Cet article de Libération donne plus d’informations sur les tendances récentes de la contraception en France.

Contraception mécanique : une option fiable mais pas pour tout le monde

La contraception mécanique se résumait autrefois à deux options, mais aujourd’hui il n’y a plus guère de personnes qui utilisent le diaphragme et c’est le stérilet en cuivre qui représente le principal contraceptif mécanique.

Les réactions au stérilet en cuivre varient énormément d’une femme à l’autre : pour certaines, c’est une libération par rapport aux hormones et ne pose aucun souci ; pour d’autres cela provoque des douleurs, des règles extrêmement douloureuses et longues, et des sensations désagréables au niveau de l’utérus.

Contraception « naturelle » : la sympothermie

La symptothermie est une technique qui combine la technique Ogino et la technique Billings, deux techniques connues de nos grands-mères avant l’arrivée de la pilule.

Une des applications de symptothermies

Elle repose sur l’analyse quotidienne de la température et de l’aspect de la glaire cervicale, et parfois aussi du col de l’utérus. Plus fiable que la pilule en usage typique selon l’indice de Pearl, cette méthode est naturelle et sans déchet, mais demande une implication du couple plus importante que les autres méthodes.

De nombreuses applications permettent d’utiliser cette méthode facilement et avec confiance. Attention néanmoins aux personnes hyperfertiles (comme moi) car cette méthode doit être suivie scrupuleusement pour être réellement efficace.

Contraception définitive

Si vous n’avez pas trouvé votre bonheur dans les méthodes ci-dessus, il vous reste la contraception masculine – comprendre le préservatif et le retrait, ou la contraception définitive. Cette dernière est bien plus facile à mettre en place chez les hommes, par vasectomie qui est une opération à anesthésie locale, mais selon les pays cette méthode est plus ou moins bien acceptée par les hommes.

Dans les pays nordiques et anglo-saxons par exemple, elle est assez pratiquée, beaucoup moins dans les pays latins.

Reste donc trois opérations qui nécessitent une anesthésie générale :

  • la ligature des trompes
  • l’ablation des trompes, ou salpingectomie
  • l’ablation de l’appareil reproducteur féminin (hystérectomie) qu’on n’utilise que si raisons médicales impératives.

La ligature des trompes est l’opération la plus facile à réaliser et la moins intrusive. On met des clips sur les trompes ou un ressort (la méthode Essure, qui est très décriée aujourd’hui et suspendue, en tous cas en Belgique). Le seul risque est une infection ou inflammation locale au niveau des clips.

L’ablation partielle ou totale des trompes se pratique seulement si des raisons médicales sont indiquées. Elle se fait au laser et n’a donc pas d’effets secondaires autres que ceux de l’opération elle-même. On m’a signalé la possibilité d’une descente de vessie chez les personnes de plus de 40 ans. C’est celle que je vais subir. On ne touche ni aux ovaires ni à l’utérus, et on a donc des règles et une production d’hormones comme avant. Les ovules ne peuvent plus s’implanter dans l’utérus, donc aucune chance de tomber enceinte. 100% d’efficacité dans le cas d’une ablation complète des trompes.

Coupe d’une salpingectomie par laser

L’ablation de l’utérus (qui s’accompagne parfois d’une ablation des ovaires et des trompes) est une opération plus lourde qui demande une réflexion sérieuse et ne se pratique qu’en cas de problèmes médicaux en parallèle). J’ai parlé à des femmes de moins de 30 ans dans ce cas qui étaient ravies de leur choix. Par contre, difficile d’avoir du retour sur comment se passera la vieillesse de ces personnes qui de fait se retrouvent pré-ménopausées jeunes, avec tous les risques sur les os que cela comporte.

Voilà, vous savez tout ce que je sais ! Sur mon compte Instagram, j’ai échangé avec de nombreuses femmes sur le sujet et peut vous orienter vers des comptes qui pourront répondre à vos questions plus spécifiques.

N’hésitez pas à partager également votre vécu ou vos interrogations dans les commentaires ci-dessous en toute bienveillance.

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