Une maman sur Instagram m’a récemment demandé de partager avec elle quelques astuces pour accompagner sa jeune fille à devenir une jeune femme de manière naturelle. Cette demande m’a beaucoup émue car elle m’a projetée quelques années dans le futur (pas si lointain) quand j’aurais à accompagner ma propre fille sur ce chemin.

Je n’y avais jamais pensé de manière structurée, mais si je devais donner des conseils à ma fille à l’adolescence, au moment où elle accède au statut de jeune femme, en voici 9 avec un conseil bonus pour les mamans :

Que ton aliment soit ton médicament

Il peut être tentant à l’adolescence de dévier d’une alimentation saine mise en place par les parents, parce que l’on passe plus de temps hors de la maison, parce qu’on s’oppose à tout ce que les parents proposent, ou encore parce que les hormones nous entraînent à assouvir de faux besoins (de chocolat par exemple).

Expliquez à votre fille pourquoi manger sainement est bon pour elle, en particulier à l’adolescence, explorez ensemble des recettes simples et saines qu’elle peut se préparer elle-même, en variant les plaisirs : smoothies, miam-o-fruits, pizzas en croûte de légumes… les options ne manquent pas pour allier plaisir gustatif, plaisir des yeux et acquisition de l’autonomie alimentaire.

Ton corps est ton temple

Apprenez à votre fille à respecter son corps, à le connaître. Faites-lui faire des exercices de respiration thoraciques et abdominales en mettant la main sur la zone dans laquelle elle inspire, faites-lui découvrir des exercices de relaxation (utile au moment des examens et des premières amours), initiez-là à la méditation, au yoga.

Une fois que votre fille sent qu’elle peut apprivoiser son corps plus facilement, montrez-lui toute la beauté du corps de la femme. Emmenez-là dans des musées, montrez-lui des photos et intéressez-là à la diversité des représentations du corps de la femme. Il n’y a pas qu’un canon de beauté, il y a des femmes qui habitent bien leur corps et des femmes malheureuses dans leur corps.

Quels que soit les choix qu’elle fera avec son corps plus tard, rappelez-lui les règles qui vous tiennent à coeur tant qu’elle est mineure et sous votre responsabilité : par exemple, jusqu’à ce qu’elle soit majeure et capable de prendre des décisions pour la vie, elle ne doit pas abîmer son corps. Ni tatouage, ni épilation définitive, ni mutilation volontaire de son corps. A chacun de définir ces limites.

Les règles sont un cadeau

Que votre fille ait envie d’avoir des enfants ou pas plus tard (elle aura bien le temps de changer d’avis), les règles ne doivent pas être vues comme un fardeau ou quelque chose de sale. Montrez-lui que les règles sont un phénomène magique qui relient toutes les femmes aux cycles de la nature, qui sont le ferment de la vie.

Expliquez-lui comment accueillir les règles de manière naturelle :

  • protections hygiéniques qui respectent son corps et la nature : culotte menstruelle, coupe menstruelle ou encore protections lavables sont des options bien plus saines et écologiques que les tampons et les serviettes hygiéniques.
  • Les règles peuvent être accompagnées de douleurs ou de désagréments. Parlez-en ouvertement avec votre fille et dites-lui qu’il existe des plantes, utilisées depuis des millénaires par les femmes, pour soulager les douleurs menstruelles : framboisier, achillée millefeuille, armoise… L’aromathérapie peut aussi être d’un grand secours avec des huiles essentielles très antispasmodiques comme le basilic tropical ou l’estragon.
  • Prenez l’occasion des règles pour inviter votre fille à être plus à l’écoute de son corps, peut-être de noter les changements qu’elle observe avant, pendant ou après l’arrivée des règles. Cela l’aidera à mieux accepter les changements qu’elle vit.

Les poils sont importants

Bon peut-être pas partout ! 🙂 Aidez votre fille à accueillir sa pilosité en comprenant pourquoi elle survient. Les poils sous les bras permettent de retenir la transpiration : on transpire plus quand on est épilé et cela se voit plus vite sur les vêtements.

Les poils pubiens protègent la zone fragile du sexe féminin contre les poussières et les frottements. La pilosité est une étape importante dans la vie d’une femme. Laissez-lui d’abord apprivoiser sa pilosité avant de l’inviter à s’épiler. Surtout ne la forcez pas !

Montrez l’exemple si vous voulez être crédible ou expliquez au moins vos choix de femme (sans forcément entrer dans les détails de votre vie sexuelle…).

La vraie beauté n’est pas physique

La question « Suis-je belle ? » revient beaucoup de manière indirecte à l’adolescence ou parfois même directement. N’y répondez pas frontalement, demandez plutôt à votre fille pourquoi elle aurait envie d’être belle ou qu’on la trouve belle.

A partir de sa réponse, montrez-lui que le bonheur, la satisfaction dans la vie sont rarement le fait de la beauté physique, mais résultent d’autres qualités : la bonté, la bienveillance, la curiosité, la ténacité, l’intelligence, etc .

Encore une fois, soyez un exemple pour elle : si vous passez des heures à vous tartiner de maquillage et à vous cacher derrière du fond de teint, pas sûre que le message passe vraiment. C’est comme de dire aux ados de ne pas fumer et de fumer… Comment dire ? #échecgaranti

Les actes avant les paroles

Pendant l’adolescence, les enfants ont tendance à dire des choses qui dépassent leurs pensées. C’est normal et fait partie du processus de distanciation par rapport au modèle parental.

Apprenez à votre fille que seuls les actes comptent, mais que les paroles peuvent avoir un fort impact émotionnel. Invitez-la à s’exprimer par écrit (le fameux journal intime de notre enfance) ou en trouvant un autre moyen créatif d’évacuer le trop-plein d’émotions qui souvent envahissent les enfants à cet âge là : musique, poterie, bricolage…

Si vous pouvez pardonner les mots qui les dépassent, soyez intransigeants avec les actes de votre fille. Restez ferme sur vos principes. C’est toujours plus excitant de briser un cadre et de se construire soi-même lorsque ce cadre est bien solide. Si tout l’édifice est branlant, où est le défi ?

Etre à l’écoute sans être curieux

Si vous avez établi une relation authentique avec votre enfant, il vous sera aisé de mettre en place ce conseil. Signalez à votre fille votre disponibilité pour parler de sujets sensibles : règles, sexe, harcèlement ou autre.

Ne forcez jamais votre fille à se confier à vous, mais observez les signaux qu’elle vous envoie et sachez capter au bon moment une perche.

Rappelez-lui que les moments qu’elle vit à l’adolescence resteront gravés en elle toute sa vie et qu’il est donc important qu’elle se construise de bons souvenirs. Rassurez-la par rapport à la « première fois« , l’âge pour les filles n’ayant pas beaucoup varié depuis près de 100 ans et être cool n’a jamais eu de rapport avec cet acte.

Se protéger de manière naturelle

A partir d’un certain âge, parlez de contraception librement avec votre fille et présentez-lui les différentes options avec les risques de tomber enceinte. Expliquez-lui également les options si jamais elle tombe enceinte sans tabou, mais sans banaliser non plus la situation.

Le préservatif ce n’est peut-être pas très écologique, mais c’est plus sain pour elle que la pilule ! Expliquez-lui que l’homme aussi doit participer à la décision de contraception et que ce n’est pas seulement le rôle de la femme de s’en préoccuper.

Faire soi-même c’est mieux

Montrez à votre fille qu’en terme de produits de soin pour son corps, ses cheveux, ses dents, il existe des solutions bon marché (important quand elle sera autonome) et écologiques que l’on peut facilement faire soi-même.

Impliquez-la dans la création de son shampoing solide, de son dentifrice maison, de son spray démêlant pour les cheveux, etc.

Peut-être qu’elle rechignera maintenant à les utiliser ou qu’elle refusera ou se lassera, mais ces connaissances que vous lui transmettez ne seront pas perdues. Et quand les sous feront défaut parce qu’elle préfère aller au ciné avec ses copines de fac plutôt que de s’acheter une crème de beauté très chère, tous vos bons conseils lui reviendront en mémoire 🙂

Commencez tôt !

Tous ces conseils sont valables dès le moment où votre fille entre dans sa chrysalide de femme, mais seront bien plus efficaces et durables si vous incorporez ces principes dans votre éducation dès le plus jeune âge.

Et mis à part les aspects liées à la féminité, ils sont aussi valables pour les garçons. Attention de ne pas distinguer entre votre ou vos fils et fille(s) quand vous parlez de beauté, d’importance des actes par rapport aux paroles ou de rôle de la femme et de l’homme dans la contraception !

Quels conseils auriez-vous ajoutés ?

P.S.
Les photos des jeunes filles viennent de photographes qui publient gratuitement sur le site Unsplash. Je les en remercie.

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